Mes dents

June 3rd, 2010

La semaine passée je suis allé chez le dentiste. Ma dernière visite remontait à environ 7 ans. Mimi en était découragée, comment peut-on se négliger de la sorte?

D’emblée j’ai tout avoué au dentiste: je suis loin d’être un régulier. Un peu pour me justifier à l’avance au cas où il constaterait une dentition ravagée par le tartre et la carie.

Muni d’un petit miroir il m’ordonna d’ouvrir la bouche. Puis il s’exclama (malgré que je cite ses paroles, d’aucune façon je n’essaie de m’en vanter):

- Wow! Mais c’est le grand luxe la-dedans!
- Il faut remercier vos parents! (Merci. Voilà c’est fait)
- Jessica, vient un peu ici voir ça. N’est-ce pas merveilleux? (oui, de répondre Jessica)
- Des cas comme ça on en voit 1 fois sur 200.
- Je ne vous envoie même pas chez l’hygiéniste, tout est parfait.
- Mais vous n’avez pas besoin de dentiste, jeune homme!

Ses paroles étaient comme de la musique à mes dents oreilles. Sourire en coin, je tentais de mémoriser tous ces compliments pour en faire un rapport détaillé à Mimi en arrivant.

Bon ok peut-être ai-je de belles dents. Mais il faut en revenir. Dentition parfaite certes, mais je ne vais quand même pas le crier sur tous les toits.  Je pourrais vous raconter que quand j’étais petit la fée des dents m’a déjà payé 50$ pour un échantillon de perfection mais je ne le ferai pas, je préfère rester discret sur le sujet. Avoir de belles dents ça ne se raconte pas, ça se vit.

Il n’en demeurt pas moins que quand Mimi me reproche quelque chose je lui montre mes dents. Comme nos cousins les singes. Pour l’intimider, oui, mais surtout, pour lui faire comprendre que même si je fous le bordel dans l’appart, que je laisse trainer mes vieux bas sales sur la table, que j’écoute la télé à plein volume jusqu’aux petites heures du matin, elle peut quand même se compter très chanceuse de vivre avec un être aussi bien denté. Que quand elle glisse une langue dans ma bouche, elle s’offre un hôtel 5 étoiles. Quand elle regarde son reflet dans mes incisives humides elle comme une reine devant le plus beau miroir du monde.

C’est décidé, à partir de lundi je vais travailler avec un protecteur buccal. Un patrimoine mondial de l’UNESCO, ça se protège.

dentier sauteur

Est-ce que tu viens pour les vacances?

May 19th, 2010

Moi pour faire le malin, j’ai chanté en italien…
 

Résumé de la semaine sur Twitter

May 15th, 2010
  • Jackstrap à vendre. A peu servi. #
  • Recette de poulet de la Casa Grecque: poulet avarié + de l’ail en masse. #
  • Même si 99% du temps je reçois des comptes, j’ouvre toujours ma boîte aux lettres avec beaucoup d’excitation. #
  • Les ambulances font pin-pon en Europe. En Amérique c’est plus fiiiiiiiiiiionnwaaanzzwiouuuuuufbanpbanptratatatawonnnnnnhiiiiiiiiiiifuuuuenn! #
  • Faut être cave pour twitter: “je mange un pogo”. C’est pas mangeable un osti de pogo. #
  • Ma femme me dit: “j’ai hâte à demain je vais pouvoir essayer notre nouvelle balayeuse!”. Vraiment palpipantes mes fins de semaine. #

Claude

May 13th, 2010

Claude est arrivé chez nous il y a quelques jours. Un collègue m’a demandé si je pouvais le dépanner. En fait Claude avait besoin d’un endroit pour rester pour environ une semaine.

Ethiopien, Claude ne comprenait pas très bien le français, ni l’anglais d’ailleurs. Au début la communication était difficile. Puis peu à peu nous avons fait connaissance et sommes devenus amis.

Claude connaissait très peu Genève. Je partais donc avec lui, tous les matins, pour une petite balade aux abords de l’Avre. Nous flânions sans trop nous poser de question. Parfois nous nous approchions de la rivière afin d’y observer de plus près les canards et autres oiseaux aquatiques. Le grand air nous faisait le plus grand bien. Claude souriait tout le temps. Sur le chemin du retour nous arrêtions à la boulangerie du coin pour y acheter des croissants et des pains au chocolat.

Claude ne mangeait qu’un repas par jour. Il devait tellement avoir faim qu’il dévorait son plat en moins de 2 minutes. C’était peut-être culturel. Quoique quand je lui offrais quelques friandises dans la soirée, jamais il ne me les refusait. 

Au retour du boulot je retrouvais Claude pour quelques activités. Nous écoutions le hockey des Canadiens. Claude ne pigeait rien. Malgré tout il restait là, comme s’il ne voulait rien rater du match. Nous allions nous promener dans les rues animées du quartier Plainpalais. Claude semblait fasciné par tout ce qu’il voyait. Parfois Mimi semblait jalouse de voir à quel point nous étions complices tous les deux.

Puis un soir, alors que nous étions assis tranquille dans le salon, on a frappé à la porte. Claude est soudainement devenu très nerveux. C’était mon collègue, revenant de voyage. Il est entré, m’a salué et est reparti avec son adorable petit chien, mon pote Claude.

Les Catacombes

May 1st, 2010

Il y a deux semaines j’étais à Paris avec Mimi afin de voir une des dernières représentations du spectacle de l’excellent Gad Elmaleh. D’ailleurs c’est probablement le seul Français capable d’imiter l’accent québécois sans se ridiculiser.

Le lendemain du spectacle nous avons voulu faire quelque chose de différent. Pis pour faire différent ça a fait différent en sacrament. Nous sommes allés voir les fameuses catacombes de Paris.

Avant de commencer la visite (non guidée), on vous averti que le site n’est pas recommandé pour les gens cardiaques, ceux ayant des problèmes respiratoires et les gens sensibles. L’ossuaire peut notamment s’avérer être une expérience traumatisante. Bref, on fait tout pour vous mettre en confiance. Vous entrez dans un petit immeuble discret, on vous pointe un étroit escalier en colimaçon et vous y allez.

La descente est longue et étourdissante. Vous descendez plus bas que les égouts, plus bas que le métro, plus bas qu’à peu près tout. À un moment vous vous demandez si nous n’avez pas acheté un billet pour un voyage au centre de la terre. Quand l’escalier s’arrête enfin, vos jambes tremblent de façon incontrôlable.

Vous vous retrouvez au bout d’un long couloir sombre. Si vous possédez l’amulette du dragon, rendez-vous à la page 236. L’air est humide et lourd. Presque irrespirable. Tout à coup vous vous sentez cardiaque, souffrant de problèmes respiratoires et très sensible.

Les murs sont étroits. Le plafond est bas. Vous avancez dans la pénombre. Le couloir n’en finit plus. Parfois il bifurque à gauche, d’autres fois à droite. Une seule certitude: il n’y a aucun échapatoire. Il faut avancer. Vous finissez par avoir peur de jamais plus revoir la lumière du jour. Au-dessus de vous se trouve Paris, avec ses cafés et ses jolies rues. Mais dans votre prison souterraine, vous avez réellement l’impression d’être en enfer.

Plus vous marchez, plus votre sortie devient improbable. Et votre tête se met en marche, au moment où vous en avez le moins besoin. L’ossuaire va-t-il me traumatiser? Qu’arrivera-t-il si je prends panique? Évidemment, sans vous l’avouer, la panique, vous la ressentez depuis un criss de boute.

Après 30 minutes de claustrophobie dans les tunnels infinis,  vous vous retrouvez devant une entrée fort peu invitante. Il y est gravé à même la pierre: ARRÊTE! C’EST ICI L’EMPIRE DE LA MORT.

Malgré votre coeur qui bat à tout rompre vous pénétrez dans l’empire de la mort. Les couloirs, un peu plus larges, sont garnis de milliers d’os et de crânes humains. Les immenses piles de restes humains  se dressent devant vous à perte de vue. Pas moins de 6 millions de Parisiens reposent en paix dans les catacombres.

Étrangement vous retrouvez votre calme. L’endroit est  macabre mais très appaisant.

Vous marchez pendant plusieurs minutes, en vous disant que le crâne que vous venez d’effleurer est peut être celui de Rabelais ou Molière, tous deux y ayant trouvé leur dernière demeure.  

Vous continuez jusqu’à la sortie, gravissez les escaliers pour ainsi vous retrouver dans les rues animées du quartier Montparnasse. Vous vous assisez à la terrasse d’un café, pour reprendre vos esprits. Vous regardez autour de vous et vous appréciez simplement le fait d’être en vie.

catacombes

Résumé de la semaine sur Twitter

May 1st, 2010
  • Quand je dors bien je ne suis pas efficace au travail. J’ai comme trop le goût de bouger. #

Le Goji

April 25th, 2010

Un ami pharmacien m’a recommandé le goji. Il s’agit d’un petit fruit séché de couleur orange qui aurait d’exceptionnelles vertus médicinales. Certains affirment qu’il s’agit du fruit de l’immortalité. Une légende raconte d’ailleurs qu’un docteur chinois aurait vécu plus de 250 ans en consommant quotiennement le petit fruit.

Je ne crois pas à cette foutaise…mais j’en ai quand même acheté pour 15 piastres ce matin.

goji

Résumé de la semaine sur Twitter

April 24th, 2010
  • Je viens de retrouver mon tweeting device. Que j’appelle aussi à l’occasion mon téléphone. #

Guru (1966-2010)

April 21st, 2010

Moscou – Dernière partie

April 19th, 2010

La Loubianka

Située tout près de la station de métro ayant été la cible d’une attaque terroriste, la Loubianka est un bel édifice qui ne laisse pas deviner les organisations qu’elle a hébergées.

Siège des services de renseignements soviétiques (Tchéka, Guépéou, NKVD, KGB) et russes (FSB),  la Loubianka a été le le théâtre de tortures, de disparitions et d’exécutions sommaires, notamment lors des grandes purges stalinienne. Les Moscovites en frissonnent encore. 

Moi aussi je frissonnais. Mais surtout parce qu’il faisait frette.

Fleurs

Il y a beaucoup de marchands de fleurs à Moscou. Paraît-il que si vous n’amenez pas de fleurs à votre douce lors d’un rendez-vous, vous vous prenez une gifle.

(Un peu comme quand tu laisses pas de tip à une topless à Vegas, hein Baste?)   

La Place Rouge

C’est l’endroit qui m’a le plus impressionné en Europe. Par sa beauté mais aussi à cause de ce qu’il représente. Lorsque vous arrivez sur la Place Rouge par l’ouest vous apercevez au fond la magnifique basilique de Basile le Bienheureux. Sur votre gauche se trouve le Goum, luxueuse galerie marchande qui a longtemps été le plus grand centre commercial au monde. Sur votre droite se dresse l’imposante forteresse du Kremlin. Et derrière se tient le Musée d’Histoire

Le contraste est frappant. Autant de beauté associée à autant d’atrocités.

On peut d’ailleurs voir le mausolée de Lénine sur la Place Rouge. Le tyran Joseph Staline, lui qui aurait fait entre 4 et 10 millions de victimes avec les répressions contre son propre peuple, repose également en paix à quelques mètres du mausolée.

Retour

La police russe a une très mauvaise réputation. À sa légendaire corruption s’ajoutent de nombreux cas de vols, passages à tabac, extorsion, arrestations abusives, viols et meurtres.

Disons qu’il faut mieux éviter autant que possible les agents de la “paix”.

À 5:00 AM le jour du départ, nous partons en taxi en direction de l’aéroport. Assis confortablement à l’arrière d’une Mercedes noire, nous contemplons la Moscou industrielle plongée dans la pénombre. Peu de véhicules circulent sur le gigantesque autoroute à 7 voie. Le voyage s’est bien passé. Nous sourions.

Soudain nous apercevons une lumière au beau milieu de l’autoroute.  Puis une silhouette. Le chauffeur ralentit. Un gars saoul? Un animal? 

Il s’agit d’un policier. Planté au beau milieu de l’autoroute il pointe des voitures au hasard et leur ordonne de s’arrêter. Notre voiture est foncée, peut-être passerons-nous inaperçu?

Il nous pointe.

Notre chauffeur s’arrête et attend. Quand l’agent arrive à sa hauteur, il prend des billets dans son portefeuille, quitte la voiture sans dire un mot et disparaît dans un sombre local. Les minutes passent. Nous sommes au beau milieu de nulle part, problablement entre deux réservoirs Gazprom.

Le chauffeur revient à son taxi. Il ne semble pas amoché. Il a probablement payé adéquatement. Il redémarre sans dire un mot.

Moscou, intense jusqu’au bout.

redsquare


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