Il y a deux semaines j’étais à Paris avec Mimi afin de voir une des dernières représentations du spectacle de l’excellent Gad Elmaleh. D’ailleurs c’est probablement le seul Français capable d’imiter l’accent québécois sans se ridiculiser.
Le lendemain du spectacle nous avons voulu faire quelque chose de différent. Pis pour faire différent ça a fait différent en sacrament. Nous sommes allés voir les fameuses catacombes de Paris.
Avant de commencer la visite (non guidée), on vous averti que le site n’est pas recommandé pour les gens cardiaques, ceux ayant des problèmes respiratoires et les gens sensibles. L’ossuaire peut notamment s’avérer être une expérience traumatisante. Bref, on fait tout pour vous mettre en confiance. Vous entrez dans un petit immeuble discret, on vous pointe un étroit escalier en colimaçon et vous y allez.
La descente est longue et étourdissante. Vous descendez plus bas que les égouts, plus bas que le métro, plus bas qu’à peu près tout. À un moment vous vous demandez si nous n’avez pas acheté un billet pour un voyage au centre de la terre. Quand l’escalier s’arrête enfin, vos jambes tremblent de façon incontrôlable.
Vous vous retrouvez au bout d’un long couloir sombre. Si vous possédez l’amulette du dragon, rendez-vous à la page 236. L’air est humide et lourd. Presque irrespirable. Tout à coup vous vous sentez cardiaque, souffrant de problèmes respiratoires et très sensible.
Les murs sont étroits. Le plafond est bas. Vous avancez dans la pénombre. Le couloir n’en finit plus. Parfois il bifurque à gauche, d’autres fois à droite. Une seule certitude: il n’y a aucun échapatoire. Il faut avancer. Vous finissez par avoir peur de jamais plus revoir la lumière du jour. Au-dessus de vous se trouve Paris, avec ses cafés et ses jolies rues. Mais dans votre prison souterraine, vous avez réellement l’impression d’être en enfer.
Plus vous marchez, plus votre sortie devient improbable. Et votre tête se met en marche, au moment où vous en avez le moins besoin. L’ossuaire va-t-il me traumatiser? Qu’arrivera-t-il si je prends panique? Évidemment, sans vous l’avouer, la panique, vous la ressentez depuis un criss de boute.
Après 30 minutes de claustrophobie dans les tunnels infinis, vous vous retrouvez devant une entrée fort peu invitante. Il y est gravé à même la pierre: ARRÊTE! C’EST ICI L’EMPIRE DE LA MORT.
Malgré votre coeur qui bat à tout rompre vous pénétrez dans l’empire de la mort. Les couloirs, un peu plus larges, sont garnis de milliers d’os et de crânes humains. Les immenses piles de restes humains se dressent devant vous à perte de vue. Pas moins de 6 millions de Parisiens reposent en paix dans les catacombres.
Étrangement vous retrouvez votre calme. L’endroit est macabre mais très appaisant.
Vous marchez pendant plusieurs minutes, en vous disant que le crâne que vous venez d’effleurer est peut être celui de Rabelais ou Molière, tous deux y ayant trouvé leur dernière demeure.
Vous continuez jusqu’à la sortie, gravissez les escaliers pour ainsi vous retrouver dans les rues animées du quartier Montparnasse. Vous vous assisez à la terrasse d’un café, pour reprendre vos esprits. Vous regardez autour de vous et vous appréciez simplement le fait d’être en vie.







