J’ai vu une image sur le Web aujourd’hui qui m’a rappelé de bons souvenirs. C’était il y a quelques années, quand j’étais parti sur la côte ouest américaine avec Rick et Baste en auto.
À l’aller, nous avions roulé de Québec à San Diego, avec des haltes au Grand Canyon et au Bryce Canyon.
Au départ, tout se passe bien, la route est facile. Et il y a de l’action. Tu passes d’abord par Montréal, puis Toronto, ensuite Detroit, puis Chicago. Après Chicago par contre c’est le néant.
D’abord tu te tapes l’Illinois profond. Une longue route droite, interminable. Quand tu en sors enfin, entre deux anti-dépresseurs, tu te butes à l’Iowa. Y’a pas pire trou que l’Iowa. Des plaines, des pickups, des plaines, des pickups, des plaines, une vache, des plaines, un racoon, des plaines, des plaines, des plaines pis encore des ostis de plaines. C’est tellement plate que tu jongles avec l’idée de caler le 40 onces de Tanqueray que tu viens de t’acheter au duty free quelques heures plus tôt (et tu finis par comprendre les conducteurs Beaucerons). Tu roules, les yeux fixés sur la route sans fin, motivé tel un malade sous anesthésie générale. C’est quand que tu te mets à avoir hâte d’arriver à Des Moines que tu réalises que ça va pas ben. Comme dirait ma femme, tu as atteint le fond du rouleau.
Quand tu arrives enfin au truck stop de Des Moines, t’es fou comme d’la marde. Tu parkes ta petite Chrysler entre deux 4×4 jackés et tu pénètres dans le royaume du mongole. Tu te rends rapidement compte que la réalité ne correspond pas à l’endroit dont tu as rêvé durant les 5 dernières heures. Trop pressé de sacrer le camp au plus vite, tu commandes ton burger, ta frite et ton Coke, et tu quittes l’endroit, sans même remarquer le deal sur les délicieuses tranches de bacon enrobées de chocolat qui trainaient sur le comptoir.
Ah, voici la photo, prise à Des Moines, qui m’a rappelé ces délicieux souvenirs.