Grabuge à Genève

En sortant de notre appartement hier, nous tombons face à face avec plusieurs dizaines de policiers, vêtus de jambières, plastrons et casques, tous attroupés autour de cinq paniers à salade stationnés côte à côte au beau milieu de la rue. Soit ils s’apprêtent à disputer un match de hockey cossom, soit ils s’attendent à du grabuge.

Je me rappelle alors un courriel, envoyé la veille par l’officier de sécurité de mon bureau, nous informant que le centre-ville de Genève sera à éviter pour la journée du 28 novembre. Des manifestants anti-OMC ont prévu marcher dans «dans la joie» pour crier leur haine de la mondialisation et du libre marché.  

En se promenant un peu aux alentours, nous comprenons rapidement que c’est du sérieux. Sur la rue du Rhône, à la Place du Molard, sur le pont du Mont Blanc, à la Place de Longemalle, nous rencontrons une importante meute de policiers anti-émeutes, prêts à intervenir. Quelques jeunes ayant le malheur d’avoir les cheveux longs ou de sentir un peu trop le patchouli se font interpeller sur la voie publique.

Nous décidons de nous éloigner en allant faire un tour au salon des métiers et des professions qui se tient à Palexpo, près de l’aéroport. Qui sait, nous pourrions peut-être réorienter nos carrières.

Suite à la visite des différents kiosques, je me dis que je pourrais devenir boulanger. J’ai d’ailleurs déjà songé à mon slogan: La plus grosse baguette, c’est chez Max qu’elle se trouve! Vous avourez que c’est vendeur.

De son côté Mimi semble intéressée à devenir criminologue. Ou infirmière. J’en profite pour inviter ceux qui sont en train de se l’imaginer en petite tenue d’infirmière sexy, de mettre votre imagination au neutre. Souvenez-vous des paroles d’un vieux barbu: tu ne convoiteras point la femme de ton prochain.

Au retour, nous nous arrêtons à la gare Cornavin. Nous passons devant le chic hôtel Four Seasons, tout juste à la sortie du quartier des Pâquis, reconnu pour son dynamisme et son multiculturalisme, mais aussi pour sa violence, sa drogue et  sa prostitution. Toutes les vitres de l’hôtel sont fracassées. De jeunes protestataires anti-capitalistes ont encore démontré au monde entier toute la justesse de leur cause. L’argent c’est mal. Le commerce c’est de la merde. Le capitalisme c’est le diable. Après avoir mis le feu à une demi-douzaine de BMW, détruit la façade d’un Starbuck et d’un chic hôtel, nos petits révolutionnaires bien engraissés sont retournés sagement dans leurs quartiers bourgeois pour jouer au Playstation sur le nouvel écran de 50 pouces de papa.   

Des gens sont attroupés. Une caméran et sa journaliste courent après un diplomate tout juste sorti de l’hôtel. Il n’offrira pas de commentaire. Je me questionne à savoir s’il lui est vraiment interdit de parler ou s’il ne prend pas plutôt plaisir à déclarer à la caméra: je suis diplomate, je ne peux parler, pas de commentaire, merci. Si on m’interroge, je vais dire la même chose. Même si je ne sais rien.

Nous traversons le pont des Bergues et rejoignons les rues marchandes adjacentes à la vieille ville.  Nous nous retrouvons au beau milieu d’un autre type d’émeute. Celle du temps des Fêtes. Les riches et les moins riches, si ces derniers existent à Genève, vont de boutique en boutique, dépensant leur argent à coup de plusieurs centaines de francs. Pendant ce temps, un hippie anti-mondialiste distribue des tracs, invitant la foule à participer à une journée «sans dépense». Seul au beau milieu de nous tous, les méchants capitalistes, je salue son courage tout en refutant ses idées retrogrades. Et je m’empresse d’aller m’acheter le dernier des gadgets à la FNAC.

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8 Responses to “Grabuge à Genève”

  1. Baste says:

    J’aurais dix commentaires AUMOINS à écrire sur ce post mais je vais résumer en 3 mots simples… Les ostis d’hyppies !

  2. Vince says:

    Stie Baste t’as volé mon commentaire!!!

  3. Baste says:

    Je dois avouer que :” Les ostis d’hyppies ” m’a été éduqué par mon bon pot Vince en effet ! … Les ostis d’hyppies !

  4. Rick says:

    Feux, fuex, jolie feux, ta chaleur me réjouit !!
    Ils auraient pu jeter quelques hyppies dans le feux qu’ils ont allumé.

  5. Mary Jay says:

    C’est quoi du fuex Rick ?

  6. Baste says:

    Cherche pas M-J… Avec Rick dans la comptine FEU est féminin / pluriel ! C’est tout dire ! ;)

  7. Garamond says:

    Moi, j’aurais bien aimé voir une photo de Mimi en infirmière sexy… juste pour voir !

  8. Mimi says:

    @Baste, Vince et Rick: Moi je les aime bien les hippies…et j’ai d’ailleurs manqué me joindre à la manif…

    @Garamond: ce sera pour un prochain post…

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