À la buanderie

Voici quelques personnages que l’on rencontre à la buanderie:

La pas-chic: Vêtue d’un t-shirt arborant un magnifique loup chantant sous la lune ainsi que d’une paire de jogging en coton ouaté trop souvent souillée de suif, la pas-chic se sent aussi à l’aise à la buanderie que dans son sous-sol. Quand elle étire les bras, on réalise rapidement, à notre grand désespoir, que la quantité de tissu est nettement insuffisante pour couvrir les innombrables collines adipeuses qui jonchent son corps. C’est toutefois lorsqu’elle se penche et laisse entrevoir de trop petits sous-vêtements que l’on se surprend, l’espace d’un instant, à regretter d’être venu au monde.

Le mec: Même s’il a fait l’Afghanistan, le mec se rend rapidement compte que sa présente mission est incroyablement plus complexe que tout ce qu’il a entrepris dans le passé. Il tente par tous les moyens de se rappeler les ordres de la lieutenant-colonel (lire Mimi): monnaie=à la caisse, couleurs=ensembles, détergent=pas trop, eau de javel=?…c’était quoi donc qui allait avec eau de javel? À tout coup, tel le plus grand des magiciens, le mec miniaturise les gilets de laine et transforme le blanc en rose.

La vieille folle: Matin, midi ou soir, la vieille folle est toujours à la buanderie. Elle tricote, parle toute seule et fredonne avec autant de cohérence qu’un somnambule sur l’acide. À intervalles réguliers, elle va se plaindre qu’il fait trop froid, trop chaud, que ça sent le feu ou encore qu’on lui a volé sa chaise. La vieille folle surveille une quelconque laveuse qui n’est décidément pas la sienne et invective toute personne qui ose s’en approcher à moins deux mètres.

La power-user: Mère d’une famille de 5 enfants, la power-user est dans son élément. Elle utilise 5 laveuses et 8 sécheuses simultanément. Armée de détergents, assouplisseurs et produits en tout genre, on a l’impression qu’elle a fait sa thèse de doctorat en lessivage. Malgré les 100 kilos de linge sale à laver, elle trouve quand même le temps de s’adonner à des causes humanitaires, comme celle d’aider le mec, qui est assurément en danger de mort imminent.

Le chien: Traîné de force par son maître, c’est sous les regards réprobateurs des autres clients que le chien se réfugie sous un lavabo. Agacé par les odeurs de Bounce, de Tide au citron et de Downy, il éternue abondamment, au grand dam de son entourage. Lorsque la pas-chic lui marche sur la queue pour la troisième fois en 15 minutes, l’ennemi numéro de la buanderie utilise toutes ses énergies à lutter contre l’envie de croquer à belles dents dans les énormes jarrets qui s’offrent à lui. Alors que tous semblent offusqués par sa présence, l’indésirable canidé retrouve un petit instant de bonheur lorsque la vieille folle lui apporte gentiment, comme à toutes les semaines, ses biscuits préférés.

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